lundi 29 juin 2009

Tout début

Voici trois heures que j'arrête de fumer. La tête qui commence à se resserrer, la respiration que j'essaye de maîtriser pour rester calme. Et ça va, je suis plutôt calme. Par contre je crois que j'aurais du mal à me concentrer sur quoi que ce soit.
Ça risque d'être très difficile demain j'appréhende un peu. J'appréhende aussi et surtout ces pensées du genre "si tu fumes que le soir, c'est pas si terrible, tu gères", ou alors "on s'en fout de sa santé, autant cramer la vie". Il me reste encore assez de lucidité pour me rendre compte que ce sont juste des prétextes pour saper la volonté, des marques de faiblesse donc, travesties en attitude souveraines.

Car de fait : vendredi dans la nuit, juste avant de m'endormir, j'ai eu très mal à la poitrine côté gauche, était-ce le cœur ou bien le poumon, j'en sais trop rien. Et ce matin, je me réveille avec deux doigts de pied complètement enflés, qui me font mal au point de me réveiller. La douleur dure toute la mâtinée. Renseignements pris sur internet, il s'agit très probablement d'un début d'acrocyanose typique du jeune homme gros fumeur (dernièrement je fumais quasi un paquet par jour) qui peut très vite se compliquer. Et ce genre de complication, c'est à peu près la dernière chose dont j'ai envie...

A mon avis l'important c'est de garder son calme. Si on devient nerveux, on peut être suffisamment déstabilisé pour succomber à une pulsion.

"Philosophiquement" plusieurs choses me viennent en tête :
-le corps et ses souffrances sont une chose contingente qu'on se doit d'ignorer, ou du moins de savoir surmonter si on veut prétendre à une certaine personnalité.
-j'ai l'impression de me libérer d'un mal, même si c'est douloureux, ce n'est que passager. Quand on a trop bu, vomir peut faire vraiment du bien, même si c'est très douloureux. Oui c'est ça, une "douloureuse sortie du mal".
-pour l'instant j'arrive à garder en tête la simplification que ce sera de ne pas sans cesse attendre la prochaine clope, de pouvoir me concevoir sereinement une réunion ou un trajet non-fumeur de plusieurs heures.

Il se peut que ça ne suffise pas... dans ce cas là, ces lignes auront l'air un peu ridicules. Mon moral en prendrait un sacré coup aussi : j'estime, ou du moins j'ai de moi l'image de quelqu'un qui a de la volonté, à défaut peut-être d'autres qualités, et ça m'emmerderait d'être mis en défaut sur ce point. N'était-ce pas mon prof de natation cet hiver qui avait dit "Zum Beispiel Manuel, wann er was will, schafft er das" (par exemple Manuel, quand il veut quelque-chose, il y arrive).

Là ça fait 3h30 que je n'ai pas fumé, c'est mon record de durée sans fumer (et en étant éveillé) depuis que je suis en Allemagne (i.e 9 mois).

Là j'ai senti l'envie d'une clope, la clope de transition avant de passer à autre chose...

A demain, je suis curieux, impatient et un peu stressé de savoir où j'en serai à cette heure ci.
Manuel.

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